Clôture
Smallville 10 ans (PARTY)
Smallville 10 ans
Long Distance Relationship
Le Clou d'Or
Troubles
Vorsicht, Dramatischer Inhalt
Heads Above Water
A Suspicious Lack of Purple
LE CHIEN SOSIS
IDK HOW TO DESCRIBE IT BUT THE PEAS ARE UPSIDE DOWN
Smallville est un espace d’art contemporain, situé dans une friche industrielle à l'ouest de Neuchâtel et fondé le 11 décembre 2015 par Fabian Boschung, Renaud Loda, Camille Pellaux et Sebastien Verdon. Espace dirigé par des artistes, actifs via l’association Smallville&Cie, il est constitué d'une surface d'exposition d'environ 100 m2 et d'ateliers pour une aire totale de 350 m2.
Depuis sa création, Smallville se présente d'abord comme un lieu d’expérimentation et de confrontation plastique qui laisse une large place aux explorations thématiques, mais aussi aux pratiques créatives originales, en ouvrant notamment des perspectives dans des champs connexes. Soutenu par différentes institutions publiques et privées, Smallville défend ainsi une position indépendante dans le tissu culturel neuchâtelois et romand. En aparté de la production et de la monstration artistiques, citons également l'organisation de concerts, de soirées-événements et l'édition de livres d'artistes.
SMALLVILLE
Espace d’art contemporain
Ouvert mercredi et samedi 14–17h et sur rendez-vous
Chemin des péreuses 6b, CH-2000 Neuchâtel
info@smallville.ch
Clôture
Exposition: 17 avril–16 mai
Smallville 10 ans (PARTY)
Smallville 10 ans
Exposition: 5 décembre–13 décembre & 10 janvier–31 janvier
Long Distance Relationship
Exposition: 20 septembre–25 octobre
Le Clou d'Or
Exposition: 28 juin–30 août
Fermeture estivale: 6 juillet–15 août
Troubles
Exposition: 25 avril–24 mai
Vorsicht, Dramatischer Inhalt
Exposition: 25 octobre–30 novembre
Heads Above Water
Exposition: 31 août–28 septembre
A Suspicious Lack of Purple
Vernissage : samedi 1 juin
LE CHIEN SOSIS
Vernissage: samedi 13 avril
IDK HOW TO DESCRIBE IT BUT THE PEAS ARE UPSIDE DOWN
vernissage : samedi 4 novembre
Clôture
Exposition: 17 avril–16 mai
Il fait presque nuit. Une loutre s’approche de Smallville à pas de loup. Elle faufile son corps lisse, encore humide, jusqu’à l’entrée de l’exposition et — paf ! — se grille la frimousse.
Plus tard, au cœur de la nuit, un renard tente sa chance. Paf ! Il se roussit le museau.
À l’aube, un cerf observe la situation depuis la carrosserie des Draizes, hésite un moment, puis renonce.
Un ours, lui, comprend tout de suite.
En fin d’après-midi, un lapin, ou un lièvre, n’insiste pas.
Bientôt 18h00. Deux visiteuses, accompagnées d’un pigeon endimanché, empruntent la passerelle toute rouillée. Sous la lumière verdâtre qui émane du néon, elles hésitent comme le cerf, évaluent leurs chances en fumant une cigarette. Après s’être concertées, elles se lancent. Paf!
Il faudra une petite dose d’audace pour aller voir la première exposition de la nouvelle programmation de Smallville. Les plus audacieux, qui franchiront le pas, auront accès à une installation inédite de Vincent Kohler, artiste bien connu pour ses détournements et ses interventions dans l’espace public.
À cette occasion sera également dévoilé le nouveau site de Smallville, conçu par le graphiste Pierre Satoshi Benoit — un autre moyen, moins risqué, de franchir le périmètre de l’espace d’art.
Smallville 10 ans (PARTY)
Palouk Friends
Nicholas Bamberger
Resident Selector
Psycho Weazel
Smallville 10 ans
Exposition: 5 décembre–13 décembre & 10 janvier–31 janvier
Performance Lamya Moussa: 19:00
Performance Old Masters, constructionisme: 20:00
Olivier Mosset
Smallville s’offre des sucreries. Sur le chemin du retour, jusqu’à la rue des Péreuses 6B, l’ancien atelier de mécanique, il sonne aux portes, fait éclater les crottes de chien avec des pétards chinois, tout en engloutissant l’intégralité de ses bonbons.
Et quelques chips, aussi.
Contrairement aux apparences, c’est un bon garçon.
Il repassera rapporter Matière et mémoire : Essai sur la relation du corps à l’esprit, après ses trois rappels à la bibliothèque. Promis.
Il est content: c’est son anniversaire.
10 ans déjà. Le petit Smallville grandit vite.
En décembre 2025, il célèbre cet anniversaire. En deux actes.
Smallville est impatient.
Il trépigne.
Il t’attend.
Viens souffler les bougies.
Long Distance Relationship
Exposition: 20 septembre–25 octobre
Curaté par Katia Leonelli et Marius Quiblier.
Long distance relationship ne raconte pas la fin heureuse d'une histoire d’amour mais propose une réflexion ouverte sur l'absence, la présence, la projection, et tout ce qui se trouve entre les deux.
Cette exposition fait partie d'une initiative curatoriale de Katia Leonelli et Marius Quiblier, en collaboration avec Smallville, qui vise à encourager les échanges artistiques entre différentes régions de Suisse et à l’international, à travers des expositions collaboratives et in situ.
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Exhibition View Group Show «Long distance relationship» at Smallville, Neuchâtel, 2025 -
Théa Giglio, To the ones who leave To the ones who stay, 2022, cathodic TV, 1’ loop video, reclaimed wood from the exhibition Something Like Falling Off The World (Forde, 2022), Variable dimensions» at Smallville, Neuchâtel, 2025 -
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Gilles Jacot, it’s always summer and the sky is blue, 2025, alu dibond advertising board, fabric, mastic, 200 × 150 × 0.5cm ; romantic ideas, 2003/25, 2025, laptop, video, 4’57’’» at Smallville, Neuchâtel, 2025 -
Gabriele Garavaglia, Dial (4), 2023, active dial, logic module, video, 22 × 9cm ; Dial (All The Way Up), 2023, active dial, logic module, video, 22 × 9cm ; Dial (All The Way Down), 2023, active dial, logic module, video, 22 × 9cm» at Smallville, Neuchâtel, 2025 -
Théa Giglio, Artists shoes, 2025, cardboard boxes from the exhibition Artist’s Shoes (Smallville, 2017), temporarily displaced from attic storage, Variable dimensions» at Smallville, Neuchâtel, 2025 -
Hélène Janicot, Untitled, 2025, pullover, wood, 80 × 32cm ; Untitled, 2025, insulation foam, photograph on bark, 45 × 35cm» at Smallville, Neuchâtel, 2025 -
Hélène Janicot, Untitled, 2025, pullover, wood, 80 × 32cm» at Smallville, Neuchâtel, 2025 -
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Hélène Janicot, Slither, 2025, injekt print on paper mounted on wood, anti-UV glass, 24 × 32cm» at Smallville, Neuchâtel, 2025 -
Hélène Janicot, Untitled, 2025, insulation foam, photograph on bark, 45 × 35cm» at Smallville, Neuchâtel, 2025 -
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Théa Giglio, Still Life (after Eric Vial), 2020–2025, inkjet print on Extra Life paper, MDF, exposed mounting, 21 × 27 cm each (×5)» at Smallville, Neuchâtel, 2025
Le Clou d'Or
Exposition: 28 juin–30 août
Fermeture estivale: 6 juillet–15 août
«La pire plaisanterie que Dieu puisse faire, c’est de faire de vous un artiste, mais un artiste médiocre».
– David Bowie
Encore une touche de carmin, une pointe de jaune de Naples… La magie opère. Cerclé de longs cheveux dorés, le visage angélique s’illumine et semble voir crever la toile pour déclamer quelques vers savants. Un dur labeur, harassant, s’achève. Le temps de prendre un peu de recul pour admirer ce veritable chef-d'œuvre. La porte de l’atelier s’ouvre en grinçant. «Mon Dieu, tu es toujours sur ce satané portrait? On dirait que tu m’as fait un groin de porc!»
Le temps d’une exposition, l’armistice est décrétée. Terminés la compétition, le copinage, les concepts alambiqués, le réseau à soigner, les bourses et résidences! Au diable la virtuosité, le talent aux ordures!
Bienvenue au Clou d’or, une exposition de peinture à la fois inclusive, sélective, participative et hasardeuse, tentative douce de rompre avec les logiques d’invitation, de curation, d’accréditation ou de mérite. Ici, c’est la main qui frappe qui décide. À chacun son geste. À chacun sa chance. Les cimaises sont neutres, mais elles jugeront, à condition d'arriver à l'heure pour occuper l'une des places disponibles. Un clou. Un seul. Et peut-être un grand prize money à la clé.
· Le concours Le Clou d’Or débutera le samedi 28 juin 2025 à 18h.
· Est mis en jeu le prix suivant: CHF 2000.-
· Une seule œuvre par personne participante.
· L’artiste fournit des informations sur son œuvre ainsi que ses coordonnées bancaires (données détruites à l’issue du concours).
· L’œuvre doit tenir à un clou et ne doit pas dépasser la dimension de 50x50cm.
· L’œuvre doit être physiquement apportée et accrochée par l’artiste, elle ne peut pas être apportée par un tiers.
· L’artiste choisit un emplacement pré-marqué libre et y accroche son oeuvre, dans la limite des emplacements disponibles.
· L'emplacement gagnant sera défini en amont du concours par un huissier et sera dévoilé durant la soirée, à 21h à Smallville, Chemin des Péreuses 6b à Neuchâtel.
· Si l'emplacement retenu n'est pas occupé, le prix sera remis en jeu pour une version ultérieure du concours.
· Les œuvres proposées pour le concours Le Clou d’Or font l’objet d’une exposition à Smallville, qui se tient jusqu’au samedi 30.08.2025.
· Les participant·exs au concours Le Clou d’Or récupèrent leurs oeuvres à Smallville, avant la fin de l’exposition, samedi 30.08.2025
· Sont autorisées à prendre part au concours seulement les personnes majeures.
· Smallville se réserve le droit d’exclure un·e·x participant·e·x en cas de non-respect des conditions de participation, de tentative de tricherie, et/ou de perturbation du concours.
· Tout recours juridique et tout paiement en espèces des gains sont exclus.
· Les membres de Smallville sont exclus du concours.
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Les lauréats sont: Eric Verdon et Lionel Ferchaud
Troubles
Exposition: 25 avril–24 mai
Dix ans déjà… ou bien était-ce hier ? Ou demain, peut-être ? La question du temps, ce palimpseste instable où se superposent traces et effacements, s’impose à Smallville alors que l’institution neuchâteloise célèbre une décennie d’expérimentation artistique. Et qui mieux qu’une grande matriarche de l’art, Renate Rabus, pour en inaugurer la programmation ?
Il semble loin le temps où Renate Rabus enfourchait son cheval pour aller visiter un repère d’artistes à Aarau, là où un gigantesque chou rouge en fibre de verre lui fit l’effet d’une révélation. Point de départ de sa carrière? Certainement pas. Renate Rabus, née en 1950 à Niedergösgen, a depuis l’enfance toujours cousu, tissé, coupé, assemblé tissus et matériaux divers pour élaborer ce qui deviendra une oeuvre vertigineuse, toute en subtilités textiles colorées. D’une rigueur presque monastique, celle qui travaille sans relâche jusqu’à faire souffrir ses épaules, présente à Smallville une série inédite, les Maladies. On y retrouvera un tenia, le mythique ver solitaire dont on espère que nos entrailles ne feront jamais la rencontre, des bacilles frémissants, des virus qui évoquent des smileys torturés, des bactéries sinistres aux couleurs délicates, ou encore la terrible maladie d’Alzheimer…
Smalltown ? Smallvillage ? Ah Smallville pardon… Pour ses dix ans, l’espace d’art interroge ainsi ce qui demeure et ce qui disparaît, se tisse et se défait, s’oublie. Peut-être que la véritable démarche empreinte d’une considération écologiste de Renate Rabus réside justement là : elle nous rappelle, avec une certaine cruauté élégante, que tout ce que nous tissons finira un jour par se défaire, mais que c’est précisément dans cette fragilité que réside la beauté de l’existence.
Vorsicht, Dramatischer Inhalt
Exposition: 25 octobre–30 novembre
Une archive de Markus Jura Suisse assemblée par Pierre Satoshi Benoit.
Markus Schneider, Marcus Schneider, Markus Jura Suisse ou Markus, tout simplement. Il est probable que l’évocation de ces noms ravivera chez certain·e·s le souvenir d’un homme rêche, à la dégaine débraillée, ou encore celui d’un artiste en rupture ayant choisi une vie sans domicile fixe ni confort. Aujourd’hui, sa réputation continue de précéder la rencontre entre le graphiste et un public. « Il avait des accès de colère », dit-on ici. « Un personnage outrancier ! », entend-on ailleurs… « Le visage du Christ ! » s’émeut une femme dans le documentaire d’Edgar Hagen sur ce « fils prodigue ».
Mais que sait-on des œuvres, des mots et des gestes qui précédèrent sa période de nomadisme ? - Qu’avons-nous approché de l’homme ? - Son étrangeté radicale ? Peut-être sa rugosité, ou la fascination – parfois empreinte de dégoût ou de moquerie – que provoquait Markus chez les autres. Il s’attira également quelques foudres.
En 1979 par exemple, Markus fut invité à rejoindre la première exposition collective de sculptures dans le château de Porrentruy. Il posa une plaque de tôle rouillée dans la cour du château, bloquant expressément l’incontournable vue panoramique sur la cité médiévale. « L’artiste devrait être exécuté ! », s’offusqua un passant en colère. Ayant eu vent de cette plainte, Markus émit une invitation officielle pour sa mise à mort. Le jour dit, il se tint face à l’œuvre, attendant que le visiteur en colère vienne lui tirer une balle dans la tête. Il expliqua que le trou que laisserait son passage dans la tôle pourrait alors servir de judas, permettant ainsi d’admirer le paysage caché. Au regret de l’artiste, personne ne répondit à l’invitation.
VORSICHT, DRAMATISCHER INHALT expose de manière chronologique une part choisie des centaines de pages que Markus a rédigées, récupérées ou peintes, mais aussi d’objets qu’il a bricolés, collectés ou signés, et d’œuvres plus classiques réalisées à l’aube de sa pratique artistique.
Markus était un entêté ; son corps répondait aux mouvements de valeurs philosophiques et spirituelles dont il ne se dissocia pas, bien qu’il tenta parfois de collaborer avec les services protocolaires de l’État. Sa pratique a ainsi évolué au gré des choix qu’il prit pour sa vie. Des designs structurés répondant à des commandes aux bancs, chaises et paquets d’allumettes compulsivement signés, c’est le flux changeant de son approche artistique que l’on peut observer à Smallville. La présentation de ces archives, glanées par d’autres quand lui-même les laissa derrière lui à chaque nouveau départ, dépoussière divers chapitres de la vie du graphiste.
Heads Above Water
Exposition: 31 août–28 septembre
Une exposition personnelle de Grégoire Müller.
Le téléphone est dissimulé sous la semelle, bien caché dans la basket odorante. Les deadlines, la crème solaire indice 50, la charge mentale et la serviette en microfibre : tout s’estompe, même le rivage. À quelques brasses des rochers chevelus, les corps disparaissent eux aussi pour laisser place à l’essentiel : la liberté.
L’heure de la rentrée estivale a sonné pour Smallville. Le peintre chaux-de-fonnier Grégoire Müller plonge avec ses nageurs dans une nouvelle série de peintures. Initialement prévue pour être exposée à New York, cette série ouvre la 2ème partie de la programmation 2024.
Peintre mythique, néo-figuratif, autodidacte et « vrai naïf » selon ses dires, Grégoire Müller est également critique d’art et écrivain. Il a traversé la deuxième moitié du 20e siècle en côtoyant les artistes les plus renommés. En 1968, il collabore avec Harald Szeemann pour la célèbre exposition "Quand les attitudes deviennent forme" à la Kunsthalle de Berne. L'année suivante, il s'envole pour New York et devient l'assistant de Richard Serra. C’est à cette époque que l’on peut voir traîner sa célèbre barbichette de flibustier à la Factory d’Andy Warhol, un nouvel Eldorado où l’intérieur n’est pas recouvert d’or, mais de peinture argentée et de feuilles d’aluminium.
Après une riche carrière américaine, Grégoire Müller retraverse l’Atlantique en 1986 et jette l’ancre à La Chaux-de-Fonds. Il a pris soin d’enfouir quelques trésors dans des collections d’art prestigieuses et a remporté des prix tels que le prix Pollock de la Fondation Krasner et celui de la Fondation Robert C. Scull. Depuis lors, il n’a cessé d’expérimenter l’art à travers une pratique picturale foisonnante et singulière, à l’instar d’un explorateur aventureux.
Seul, ou presque. Les appels stridents d’une mouette rieuse, semblant s’être envolée d’une toile de la Renaissance, rappellent qu’il faut regagner la berge. Sur les gravillons chauffés à blanc, rien n’a bougé. Tout y est : les Adilettes* à la Buren, la banane en cuir, le stress et l’après-soleil.
* Suite à une discussion avec Daniel Buren, Grégoire Müller cessera de peindre pendant 7 ans.
A Suspicious Lack of Purple
Vernissage : samedi 1 juin
Un éclair de chaleur fissura le ciel. Un court instant, la pièce se volatilisa, aveuglée par des flashs stroboscopiques. L’espace, qui quelques instants auparavant était encore encombré d’étranges formes organiques détenues dans des coffrages dégoulinants, qui avaient dû être gorgées de vie à une époque plus joyeuse, disparut soudainement, charriant avec lui les échos fossiles d’une existence effacée. La pénombre revenue, ces ébauches inachevées, suspendues dans un froid clinique, reprirent leur posture initiale dans l’atelier,
tapies dans les interstices, les recoins sordides, oubliées par l’implacable indifférence de l’univers pour
certains endroits.
Le tonnerre frappa, près de la ville de Tonnerre. Un nouveau flash tenta de ramener une nouvelle fois à la vie les créations disposées sur l’établi. Certaines, les plus craintives, filèrent se cacher dans un élan de paranoïa entre les sacs de ciment et de chaux hydraulique éventrés. Elles sursautèrent, jappèrent plaintivement. Dans le tumulte, une des structures fut blessée sérieusement par les griffes acérées d’un amoncellement de plâtre boursouflé alpha dominant. Crevée, atteinte dans sa chair absente, elle laissa échapper en guise de viscères des matériaux inertes d’une plaie béante, insuturable*, dans un dernier soupir las. À nouveau, la clarté diminua, le tombeau glacé aux murs imprégnés de souvenirs figés dans le spectre de graffitis délavés et mouchetés de moisissures disparut à nouveau, laissant aux rats du grenier libre cours à leur fantaisie débridée.
Œuvres étranges qui confinent au bizarre, l’énigmatique corpus présenté à Smallville semble arraché aux décors du film Les Crimes du futur**. Il est enfanté par la pratique du couple d’artistes Marie Bette et Luca Guizzo, qui fait halte à Smallville dans le périple qui les amène à Bâle, pour la sélection de Marie Bette au Concours fédéral d’art.
* Mot qui n’existe pas encore
** Les Crimes du futur (Crimes of the Future) , film de science-fiction canado-grec écrit et réalisé par David Cronenberg, sorti en 2022
et qui dépeint un futur proche, « triste et chaotique », où le corps humain est l’objet de transformations et de mutations nouvelles.
LE CHIEN SOSIS
Vernissage: samedi 13 avril
Lancement de la publication
«Josse Bailly, I LOVE WIENER DOG»
Coédition Nieves (Zurich) & Smallville
Et exposition collective «LE CHIEN SOSIS» par
Carol Bailly, Josse Bailly, Ellie Fabian, Agathe Frasson-Cochet, Kim Gordon, Elise Gagnebin-de Bons, Sarah Haug, Simone Haug, Jonas Hermenjat, Hayan Kam Nakache, Jean-Luc Manz, Konstantin Sgouridis, Baker Wardlaw
Playlist de Kung Fu
Des bruits blancs s’échappent du 3ème étage d’un bâtiment cossu situé dans le quartier des Eaux-Vives. Dans un appartement, reconverti en laboratoire, ronronnent tout un tas de machines compliquées reliées entre elles par un enchevêtrement de fils électriques multicolores. Au milieu de tout ce bazar, emballé dans des bâches plastiques transparentes, aura lieu dans quelques instants une expérience inédite.
En effet, pour la première fois de l’histoire, une équipe de chercheurs va pouvoir décoder avec précision le processus créatif d’un artiste. Plongé dans un coma artificiel, le peintre genevois Josse Bailly porte une sorte de casque de moto, d’où jaillissent des câbles bariolés. À l’issue du test, la pratique picturale foisonnante de Bailly n’aura plus de secret pour les scientifiques présents. Le mécanisme de sa frénésie artistique, cette véritable fureur de peindre, sera traduit de manière intelligible et logique.
Soudain, un grésillement se fait entendre. Les yeux révulsés, Bailly se redresse brusquement à l’équerre sur la table de massage transformée en chaise électrique. De l’écume aux lèvres, il psalmodie une série de noms de vieux groupes de rock des années 70. Des flammèches sortent des narines noircies de l’artiste. On dirait que sa tête va exploser d’une minute à l’autre. Les écrans s’illuminent dans la fumée. Des mots défilent sans interruption sur les moniteurs : « Le fauteuil poire », « Betteraves à la Harvard », « I LOVE MY WIENER DOG ».
Les plombs disjonctent, mettant un terme à l’étrange scène qui évoque davantage une exécution planifiée qu’une étude scientifique. Une expression de perplexité se fige sur les visages médusés de l’équipe de chercheurs. Dans un silence pesant où règne une odeur de roussi, un jeune assistant se risque à glisser d’une voix confuse : « Je pense qu’il illustre volontiers des teckels car il les trouve chou et que c’est cool de les dessiner ».
IDK HOW TO DESCRIBE IT BUT THE PEAS ARE UPSIDE DOWN
vernissage : samedi 4 novembre
Smallville is pleased to present Dagnini’s first solo show in Switzerland, titled IDK How To Describe It But The Peas Are Upside Down. The exhibition embodies an ecosystem in which virtual and physical worlds coexist and replace each other, akin to Plato’s cave, where reality is as real as shadows on the walls.
Driven by the sheer absurdity of life, Dagnini’s practice encompasses performances and objects: the breach of peace and everyday routine are the necessary conditions for her work. The artist mixes her pieces with bizarre media footage, constructing weird but seductive narratives of our absurd daily life. While images and videos from the internet capture actual scenes taking place in real life, Dagnini’s performances are deliberately staged, designed to embody the chaos of today’s world in the form of an apocalyptic, absurd play. This intentional confusion is echoed by the series of objects referring to everyday items but transformed by the artist in the way our subconscious mixes memories and dreams.
The show’s title, taken from a meme, can be perceived as documenting a glitch in reality filled with failures. In her practice, Dagnini collects and manipulates similar glitches, aiming to capture the reality rift.
The image of Plato’s cave illustrates today’s existence with almost documentary accuracy—we all live in an illusion, led by everyday media manipulations. This modus operandi acts as a protection mechanism for our psyche. Leaving the bubble of our delusions might be painful and scary; therefore, we remain there and lose the sense of what is real and what is unreal.
The images Dagnini uses in her work migrate from memes to videos, from videos to prints, and from prints to objects. The obsessiveness of these visions, permeated by reality, reminds us of a dream that reflects the Deleuzian concept of ‘fold’—the folds we stumble over during the day, mixed with our fantasies and fears. Spanish researcher María Carmen África Vidal Claramonte wrote that the fold is ‘always in “between” in the “both/and”... constantly swinging, eternally undecided...’ In the 1980s, she considered it a symbol of the times, a principle of the cultural and political disorganisation of the world where ‘nothing is defined, there are only rhizomes, paradoxes that destroy common sense concerning the assignment of fixed identities... There was only fragmentation, chaos, lack of harmony, extravagance, simulation, the triumph of appearances, and lightness1.
The main challenge we are facing is to express what is happening but the intensifying absurdity of the world cannot be put into words. Psychoanalysis is based on working with speech—when we talk through traumas, we release ourselves from them. ‘I can’t really explain it, I haven’t got the words’—this line from the video at the entrance of the show states an inability to express the ongoing apocalypse with words. Without being able to voice it, we infinitely reproduce this endless psychosis.
Lizaveta Matveeva
Special thanks to Olga Smirnova and Yulia Yousma
1 Vidal M.C. The death of politics and sex in the eighties show // New lit. history. — Charlottesville, 1993. —Vol. 24, n° 1. — P. 171–194.