DaFino

Vernissage le samedi 16 décembre 2017, 16h à la Plage publique d'Auvernier (à l'est du Débarcadère)

2 interventions dans l'espace public



Une brume épaisse enveloppe dans un linceul cotonneux les berges du marécage. Rien ne bouge. Par moments, quelques rainettes tentent timidement de percer le sinistre silence limbesque.

Soudain, à quelques mètres du rivage, un mouvement furtif zèbre la surface de l’eau croupie. Deux petits yeux jaunes, malfaisants, vissés sur une petite tête poilue recouverte d’algues vertes, émergent des profondeurs à la manière d’un périscope.

Le programme de la saison 2017 s’achève avec le vernissage de deux interventions réalisées dans l’espace public, spécialement pour l’occasion, par l’artiste américain Dafino.

Figure importante de la sculpture contemporaine, celui qui affectionne tout particulièrement le bois se définit lui même comme un ravageur insatiable.

Au milieu des années nonante, Dafino s’impose comme un artiste majeur de la côte Ouest américaine. Caractère taciturne, parfois même misanthrope, Dafino s’est notamment fait connaître pour ses différends avec Giuseppe Penone. Rivaux, œuvrant en quelque sorte sur le même territoire, les deux artistes avinés s’étaient largement invectivé lors d’un vernissage mémorable à Milan. En effet, pas de langue de bois chez lui. Doté d’incisives impressionnantes, l’artiste à la dentition proéminente est largement connu dans le monde de l’art pour ces positions loufoques et ses fréquents coups de gueule.

Né en 1968 à Seattle dans une famille nombreuse, Dafino se familiarise rapidement avec le métier de ses parents relieurs qui tiennent un atelier à Watermark. Son frère cadet, Elias Hansen, devient également artiste et se consacre à la peinture.

En 1988 Dafino entre au Cooper Union for the Advancement of Science and Art. Il y étudie l'architecture tout en participant parallèlement à l'Independante Study Program du Whitney Museum of American Art. Il rejoindra ensuite, à un moment charnière de sa carrière, le Studio Acconci de Vito Acconci.

Dafino s'installe à Paris en 2007, où il cofonde Castillo/Corrales, un espace collaboratif et collectif composé d'artistes, commissaires d'exposition, écrivains et critiques, parmi lesquels certains ont collaboré au Métronome de Clémentine Deliss.

À partir de cette année, il participe régulièrement à des expositions d'art contemporain, en commençant par le Palais de Tokyo lors de Where I lived and what I lived for.

Il a également collaboré avec Mike Nelson à l’impressionnante installation To the Memory of H.P. Lovecraft, à l’Hayward Gallery de Londres en 2008.

Personnalité hors du commun, artiste charismatique à la pilosité importante, mais également champion de natation, Dafino demeure une large référence. On pourrait parfois voir sa patte dans le travail de la vaudoise Claudia Comte ou dans les interventions d’un autre natif de Seattle, Oscar Tuazon. Après voir récemment déménagé de New York, il vit aujourd’hui à Los Angeles.

Produite avec le soutien de Smallville, les deux interventions seront vernies lors d’un même événement.